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Tu es la beauté qui s'ignore
Oubliée dans la nuit des temps
Au fond de son île au trésor
Et qui attend le conquérant
Qui te délivrera du sort
où t'ont jetée les impuissants.
Tu es la beauté qu'on agresse
Quand elle se montre au grand jour
En abandonnant ses richesses
Aux déshérités de l'amour
Sans jamais attendre en retour
le semblant d'une caresse
Tu es la beauté insoumise
Rebelle comme un cri d'enfant
Qui brandit sa rage de vivre
Face à la masse des morts-vivants
Sous la violence de leur bêtise
Tu es la beauté flamboyante
Qui rougit le ciel au matin
Comme le sang sur la chemise
Du bourreau ou de l'assassin
Tu es la beauté que j'adore
Car elle m’a appris à aimer
Et à comprendre la laideur
Qui est le miroir
où je peux contempler ma vérité
L Comme Beauté - Jacques Higelin - (1977)
"Dis tata, pourquoi elle te plait tant ma poupée ?"
"Elle me rappelle une poupée que j'avais quand j'étais une petite fille"
"Et tu l'as plus"
"Bah non, justement, je l'ai perdue"
"Raconte"
"Avec Papi et Mamie, on visitait une maison, à cette époque, ils avaient envie de déménager. Bref pendant qu'ils visitaient, je jouais dans l'entrée, avec ma petite poupée, toute mini que j'aimais tant. Il y avait une boîte aux lettres, grande et belle, ma poupée était toute petite, j'ai voulu que la boîte aux lettres devienne sa maison. Ah, ça elle y est entrée, je n'ai jamais pu l'en ressortir."
"Il fallait appeler papi"
"C'était pas si facile, j'avais un peu fait une grosse bêtise."
"Pourquoi t'as pris la boîte aux lettres comme maison ?"
"Y'avait rien d'autre, tout était vide, et puis elle était grande et si belle!"
"Tu l'as dit à Mamie."
"J'ai bien dû expliquer pourquoi je pleurais."
"T'as pleuré."
"J'avais un gros gros chagrin"
"Tu l'aimais ta poupée ?"
"Oui, vraiment et tu vois je l'ai jamais oubliée"
"Attends, bouge pas, je vais chercher des feuilles et mes feutres, je reviens, j'en ai pour une minute"
"Bon, décris-la moi."
Et pendant que j'évoquais cette si jolie poupée, Lolia dessinait, Lolia découpait, Lolia écrivait et Lolia disait : tiens, tata, je te la rends ta poupée, tu ne seras plus jamais triste. »
Comme je t'ai aimée ce jour-là, petite boule d'amour, comment j'ai craqué sur ta tendresse, ta compréhension, ton amour... Toi, le Don…
Et aujourd’hui, quelques mois plus tard, après une impatience grandissante de découvrir ce cadeau mystérieux que tu désirais tant m’offrir pour mon anniversaire. Impatience, je dois l’avouer, nourrie, que dis-je exacerbée par ta chipie de maman….j’arrive chez Mamie où tu m’accueilles avec un immense sourire merveilleux et en t’enfuyant dans la cuisine d’où tu reviens, pétillante de bonheur et d’excitation « Bon anniversaire tata » crié entre deux rires de joie « vas-y, ouvre-le »
Déjà tant de cadeaux reçus avant même d’ouvrir ce paquet énigmatique…. sans dire que je dégustais depuis le 31, le plaisir de me dire, que quelque part, une enfant de 6 ans pensait depuis plusieurs mois au cadeau qu’elle m’offrirait pour mon anniversaire. Recevoir tant d’amour et d’attention, quelle tendre joie ! Je suis touchée, tellement touchée….
Et puis, suspens encore, un petit mot d’amour de ma sœur, que du bonheur encore…
Et je l’ouvre, ce cadeau d’amour et là… et là, je n’en crois pas mes yeux, je n’en crois pas mon cœur…
une poupée, une si jolie poupée…
Cette adorable chérie, elle a voulu remplacer cette poupée que j’ai perdue… Elle a voulu réconforter cette adulte que je suis,
elle a voulu consoler cette petite fille qu’elle a su voir en moi.
Rarement je me suis sentie aussi reconnue.
Et tu as continué …. d’abord, en compagnie de ma poupée, il y a ce prince charmant. 
Et oui, tu m’as offert un prince charmant !
Et puis, ce sourire radieux en même temps qu’ému et fier quand je t’ai confié que cette poupée était encore plus jolie que celle que j’avais perdue. Ta mine semblait dire « c’est encore mieux que je croyais, je suis trop forte ! ». Qui te connaît te verra aisément tant c’est toi, tout simplement…
Et maman qui me bredouille quelques explications, quelques justifications, me racontant les raisons pour lesquelles ils ne sont pas retournés chercher ma poupée. Qu’as-tu bien pu lui raconter, lui demander. Pôv mamie, ne l’as-tu pas un peu tourmentée à ce sujet ?
Et cette mini-jambière que tu as glissée dans le sac de Dollie, car ainsi l’avons-nous nommée, après bien d’autres essais… Et celle qui est dans le sac de la tienne fait la paire.
Il y a des sœurs de cœur, des sœurs de sang, des sœurs d’âme. Aujourd’hui sont nées les sœurs de Bratz.
Je me sens vraiment honorée que tu me juges digne de tels cadeaux d’amour, digne de ton amour.
Je suis touchée en mon âme et en mon cœur. Merci.
Tu seras très fière de savoir que Dollie et Prince Charmant ont rejoint mon compagnon le lutin, autre merveilleux cadeau d’une merveilleuse jeune fille, tendre et aimante qui voulait tellement me montrer que mon anniversaire est important pour elle et qui a su si bien me le prouver.
Elle m’a offert un joli compagnon dont le regard doux et bienveillant m’offre de ressentir la chaleur de l’amour de ma fille.
Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours senti mon Ange Gardien veiller sur moi, il m’a toujours semblé que je me sortais de mauvais pas guidée et soutenue par lui. Il m’apparaissait évident, à chaque fois que je m’en tirais, que finalement, j’étais plutôt chanceuse. Or, moi qui crois tant, je ne crois pas en la chance, je crois que les faits sont la somme de nos choix. Simplement, la voix de mon Ange Gardien m’a toujours soufflé les bons conseils aux moments décisifs. Toujours je me rappellerai de ce dimanche affreux où j’ai entendu en moi, contre toute attente, que le seul choix que ma fille refuserait de moi serait celui de la mort et que tant que je vivrai je pourrai toujours agir pour qu’elle me pardonne. J’ai entendu aussi ce jour-là quelle me pardonnerait de ne pas être parfaite moins douloureusement qu’elle ne me pardonnerait de fuir et de l’abandonner. Cette voix, je les entendu nettement, et j’ai obtempéré car elle avait l’accent de la vérité.
Depuis toute petite, je donne des traits à mon Ange, ceux de mon oncle Michel, enfant que je n’ai jamais connu, mais que je visualisais avec les traits confondus de mon frère. Petit ange espiègle qui se jouait de moi en me jouant des tours.
Et cet ange de douceur, cette figure de Mère, ma tante France, dont je garde un souvenir imprégné de tendresse idéalisé par les yeux de cette enfant avide d’amour que j’étais déjà.
Et puis, lorsque je recherche le réconfort ou la force, il a le visage et le regard clair d’innocence et de filouterie de Grand-Père.
Souvent, il a les traits de Serge, sa voix, son rire et ses blagues.
Quand je le sens loin, il ressemble à Marie, il a le regard des promesses impossibles à tenir.
Qu’il se manifeste ou non, que je le reçoive ou non, je sais sa présence permanente et je le constate une fois de plus.
Je dis toujours que je suis privilégiée, c’est en cela, je crois.

A vos Plumes ….
Et vous ?