Dimanche 2 juillet 2006
7
02
/07
/Juil
/2006
13:25
Eh bien, moi hier, j'ai regardé le match et j'y ai pris un grand plaisir !
Je ne suis pas fan de foot ni même de sport, mais je me prends au jeu lors de grands évènements comme la coupe du monde et les JO et je n'en éprouve ni honte ni remords.
Je pense qu'il y a des résidus de mon enfance vécue auprès d'un grand chauvin mais aussi un enthousiasme sincère et vivifiant qui transperce chez ces sportifs au-delà des écrans de fumée créés par la presse qui en l'occurrence ne m'influencent pas plus que ça dans la mesure où je fuis les infos, et pour ce coup, j'en suis d'autant plus sûre que la presse avait renvoyé l'équipe de France aux vestiaires depuis belle lurette.
Hier, nous étions quelques potes devant le petit écran et les discussions ont souvent tournées avant, pendant et après autour de l'actualité, et si les belles actions de Zizou nous ont divertis, elles ne nous ont pour autant pas désintéressés de ce qui se passe en France et partout ailleurs...
Nous avons évoqué ces enfants assassinés, violés, torturés, victimes de guerre et de famine, victimes de la férocité, de la cupidité et de la lubricité d'adultes qui ne réalisent toujours pas que c'est leur propre avenir qu'ils détruisent.
Nous avons évoqué cette manipulation médiatique, ces fortunes qui se lient et se délient autour du sport, hallucinant par exemple sur les tarifs des pages de pub de TF1 qui croissent à chaque victoire des français.
Nous avons évoqué aussi le fléau de l'alcool redoutant les dérives possibles des foules sous son emprise...
Il est clair que les footeux perdraient beaucoup, si les médias, les politiques et les financiers ne relayaient pas leur sport. Leurs primes disparaîtraient, leur salaire baisserait, les moyens de se préparer aussi, mais les passionnés continueraient de jouer... Il existe en France des passsionnés de sport dont on ne parle jamais et qui poussent leur passion juquà participer à des compétitions internationnales, ce dont ils souffrent le plus, ce n'est pas de manquer de gros salaire, ce n'est pas de manquer de popularité, c'est de manquer de moyens pour s'entraîner dans les meilleures conditions (parce que les investissements des sponsors ne vont que vers ce qui rapporte et ce qui rapporte, c'est ce qui est populaire,
la loi de l'offre et la demande(-:))
Mais je ne peux empêcher une espèce d'instinct empathique de me faire ressentir la jubilation de celui qui s'est donné à fond et voit son rêve se réaliser (C'est ce qui me séduit dans ces grands évènements sportifs, au-delà de tout le reste, il y a un péquin comme moi comme vous, qui, à un moment de sa vie a fait un choix et s'est donné les moyens de réaliser ses objectifs, ils sont nombreux ceux pour qui ça n'est pas facile, mais ça fait chaud au coeur d'imaginer ce qu'il peuvent ressentir au moment de l'aboutissement)
Nous avons évoqué aussi la situation des étrangers, des victimes de la discrimination mais ça c'était devant le petit écran, en effet, les footeux sont aussi des individus qui, par exemple, financent des constructions d'école ou d'hôpitaux et
leur corporation s'engage dans la lutte contre le racisme.Je ne pense m'être reniée, ni dans ce que je suis, ni dans ce qui est important pour moi, simplement parce que j'ai envie de me laisser enflammée par des exploits, par une histoire de foot et par une liesse populaire qui monte dans la rue et qui peut faire du bien en ces temps de ténèbres... Moi, je suis fan de cette image de foot black blanc beur, je suis fan de cette image fédératrice de tolérance et d'acceptation. C'est sûr, depuis 98, ça a fini en feu de paille mais ce n'est pas pour autant qu'il ne faut pas recommencer.
A vivre dans une société du politiquement correct, je préfèrerais une France où il serait redevenu politiquement incorrect d'afficher son racisme car cela contribue à conforter nos politiciens que cette division créée par la discrimination. Ce serait déjà un pas, et si l'on doit au foot de fédérer les français autant se dire que c'est préférable à le devoir à une guerre. Je préfère encore le déferlement de l'argent à celui des bombes.
Je me dis que si j'avais la possibilité de trouver les moyens d'agir en m'éclatant (pour certains, c'est en devenant champion) et en gagnant beaucoup de fric que je pourrais utiliser pour agir, aider, me solidariser, défendre une idée, soutenir un mouvement humanitaire, eh bien je foncerais. Je ne suis pas naïve, je sais bien que ceux qui agissent ainsi sont sans doute minoritaires. Mais hier, je regardais un reportage sur 2 gagnants du loto, un qui garde tout pour lui et l'autre qui partage tout... celui qui garde tout fait-il que celui qui partage ne compte plus ?
Non, vraiment, je ne pense pas avoir renoncer à mes valeurs en m'associant à la majorité populaire par ma participation, et je l'avoue, ma joie.
Rien n'est ni tout blanc, ni tout noir...
Rien n'est ni tout de gauche, ni tout de droite...
Et puis ne pas regarder ce match n'aurait rien apporter de plus, à mon petit niveau, qui si j'avais renoncé à 2 heures de lecture ou à 2 heures de connexion où je ne sais quel autre plaisir... Qui fait ça dans sa vie, par solidarité...
J'agis dès que je le peux,
je transmets les infos, je signe les pétitions, je vote, je refuse des compromis, je descends dans la rue (et pas pour le foot!), je boycotte (et malheureusement, j'ai des occasions quotidiennes de le faire, je partage tout ce que je peux, j'interviens dès que je peux, je proteste, je dénonce...
Ca ne m'a pas empêchée de m'éclater comme une môme devant ce match incroyable !
Je me dis qu'hier, je me suis simplement montrée humaine, dans ce que l'humanité a de plus beau et de plus touchant : l'enfance...